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La rue où j'ai grandi

Dans cette balade à travers nos jeunes années, la rue devient le témoin silencieux de nos premiers pas et de nos innocents chagrins. C'est une ode au temps qui passe, là où chaque pavé résonne encore des éclats de rire d'une enfance lointaine.

La rue où j'ai grandi

Je me souviens des pavés usés sous mes pas traînants,
Des trottoirs craquelés où l'on rêvait à plein temps,
Et des murs gravés des secrets de nos élans,
Sous les lampadaires, les ombres dansaient, fascinantes.
Je me souviens des soirs où le vent soufflait,
Soufflant les soucis, semant la sérénité.
Les étoiles, suspendues, semblaient nous observer,
Et dans le creux de la nuit, nous étions à jamais liés.
Nos rêves s’épanouissaient dans une douce harmonie,
Dans le reflet des années, l’éclat d’une nostalgie.
C’était là que je courais, courant contre le courant,
Les pieds frappant le sol, frappant fort, frappant fort le flot des jours inlassablement,
Quand nos jeux joyeux jalonnaient encore mes jours d’antan.
Le temps semblait suspendu, prisonnier du présent,
Tandis que la vie défilait, douce et vibrante.
Les soirs s’étiraient sans fin,
Les ombres s’allongeaient, là-bas, dans le lointain.
Les pavés étaient pleins de nos espoirs,
Et moi, petit, je pensais pouvoir tout voir.
Les balançoires s’élevaient au rythme de nos éclats,
Les jeux de cache-cache réchauffaient nos cœurs d’enfants.
Et les soirées d'été, parées de promesses d'avenir,
Faisaient naître des rêves aux couleurs du crépuscule.
Aujourd’hui, quand je reviens, tout est plus petit,
La rue a rétréci, les rires se sont tus,
Mais en moi, toujours, elle vit,
Car c’est là que j’ai tout appris,
Appris à tomber, à me relever et à nouveau y croire,
À aimer les petits riens et à chérir chaque soir.
Les bancs où l’on rêvait sont maintenant abîmés,
Les arbres dénudés ne nous abritent plus du soleil.
Les ruelles autrefois vibrantes sont désormais désertées,
Et le pavé usé garde les traces d'un temps oublié.
Les plantes tremblent, tristes témoins du temps,
Leurs branches cassées craquent sous le vent.
Les bancs brisés brassent des bribes de bonheur,
Et les cris clairs de complicité caressent encore mon cœur.
Mais le temps tyrannique a tout terni, tout pris,
Les amitiés anciennes, les amours incompris.
Les rires s’éteignent, les jeux se sont fanés,
La rue se meurt sous un ciel délaissé.
Les oiseaux se sont tus, leurs chants disparus,
Les fêtes de rue ont cédé le pas aux solitudes.
Mais dans chaque souvenir, la rue vit toujours en moi :
Éternelle, elle conserve le reflet de nos joies.